Guerre informationnelle autour de l’intervention française au Sahel

par Fatoumata H. Diallo, docteur chez Pharmacie Mpewo (Mali),

Le 11 janvier 2013, lors d’un conseil de défense restreint, le président Hollande ordonne aux Armées d’intervenir au Mali, épicentre du conflit sahélien. Il fixe des objectifs très clairs : « Stoppez l’ennemi, aidez le gouvernement malien à reconquérir le pays, détruisez les terroristes, cherchez les otages français et préservez-les bien sûr en cas d’opération à proximité ». Cette première opération est un succès, car en quelques jours les trois villes du Nord-Mali, sous contrôle des groupes armés (GA), sont libérées

En février 2013, François Hollande est accueilli en libérateur par une foule en liesse ; des drapeaux tricolores flottent dans le ciel malien, de Bamako à Tombouctou.

Cependant, à partir de 2017, des manifestations sont organisées dans certaines villes du Sahel contre la présence militaire française avec des slogans hostiles : « France dégage ».

Que s’est-il donc passé pour favoriser un tel retournement de situation ? y’a-t-il eu un jeu d’influence ou de manipulation de l’opinion publique sahélienne ? La France a-t-elle réussi depuis lors à reprendre la main ?

Contexte

En 2011, après la chute de Mouammar Kadhafi, des ressortissants maliens mercenaires dans l’armée libyenne regagnent leur pays. Ils s’affilient à des GA séparatistes, sévissant déjà au Nord-Mali et autofinancés par les trafics divers et les rançons des prises d’otages. L’intégration de ces combattants aguerris par les GA a eu comme conséquence un renforcement de leur capacité qui a inversé les rapports de force avec l’armée malienne à laquelle ils avaient déclaré la guerre.   

En avril 2012, un coup d’État militaire est perpétré contre le président élu du Mali. Les putschistes ont justifié leur acte par l’incapacité du régime à faire face aux GA. Le pouvoir de transition mis en place par la suite n’a pas changé la situation pour autant, car le Mali perd le contrôle des trois villes du Nord : Gao, Tombouctou et Kidal.

Forts de leurs victoires successives sur l’armée malienne, les GA entament leur descente vers le sud du Mali en janvier 2013. Les autorités maliennes demandent l’aide de la France pour arrêter leur avancée. Très vite, la France lance une opération militaire dénommée Serval, en appui aux forces armées maliennes. Grâce à cette opération, la déferlante des GA est stoppée net à Konna (Mopti, région centre). En quelques jours, les forces armées françaises et maliennes libèrent les grandes villes du Nord-Mali.

Outre le Mali, tous les pays du Sahel subissent des attaques terroristes. Considérant que la zone a besoin d’être durablement sécurisée, la France décide de s’y implanter en août 2014 à travers l’opération Barkhane. Cette fois, le périmètre de l’opération est élargi aux cinq pays du Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad) regroupés au sein d’une coalition militaire dénommée G5 Sahel. Au début de l’intervention, les effectifs engagés au sein de Barkhane sont de 3 000 soldats puis augmentent par la suite et atteignent 5 100 soldats en février 2020.

En plus de Barkhane, d’autres forces étrangères interviennent au Sahel. L’Organisation des Nations Unies est présente à travers la Minusma (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation du Mali) avec 11403 soldats. Les Britanniques sont présents dans le cadre des accords de Lancaster House avec quelques centaines de soldats. L’Union européenne (UE) à travers l’EUTM (European Union Training Mission) conduit une mission de formation de l’armée malienne. Les forces américaines assurent un appui logistique et de renseignement. Elles ont une base de drones au Niger, où sont déployés 600 soldats.

Malgré les efforts de la France, de l’UE, de l’ONU et des armées africaines, l’insécurité persiste et se répand au centre et sud du Mali, au Burkina Faso et au Niger, voire dans certains pays riverains du golfe de Guinée. Cette situation suscite des doutes, sur l’efficience des forces étrangères, au sein de la population sahélienne.

À la suite de cette détérioration de la situation, une force spéciale Takuba, composée d’unités mixtes sahéliennes et européennes, intégrée dans l’opération Barkhane, est entrée en service en été 2020. Elle a pour objectif d’attaquer les groupes terroristes dans les régions de l’Est du Burkina Faso, du sud-ouest du Niger et d’une partie du centre et sud-est du Mali.

Par ailleurs, il existe des foyers conflictuels dans toute la bande sahélienne dans le prolongement du Sahel francophone, au Soudan, dans la corne de l’Afrique avec une recrudescence actuelle en Ethiopie.

Comprendre la prise de position de la France au Sahel  

La relation de la France avec les pays sahéliens se situe dans un cadre historique, car ces pays sont des ex-colonies françaises. Ils ont un fort potentiel en ressources naturelles dont l’uranium (exploité par AREVA), le pétrole, l’or … De plus, la position stratégique et les perspectives économiques de ces pays, notamment en ce qui concerne le marché, ne sont pas négligeables. Elles suscitent l’intérêt d’acteurs de plus en plus nombreux parmi les puissances occidentales et émergentes : Inde, Chine, Brésil, Turquie, Russie, Israël. Bien que ses anciennes colonies aient accédé à l’indépendance dans les années 1960, la France a gardé une grande influence sur elles par le biais de mécanismes de coopérations bilatérales ou multilatérales (Francophonie ; accords économiques, monétaires ou de défense).

Par ailleurs, pour des raisons géopolitiques, les pays du Sahel à majorité musulmane sont convoités par le Qatar, l’Arabie Saoudite ou les Etats-Unis d’Amérique, notamment pour l’installation de bases militaires. Toutefois, l’installation de ces bases au Sahel n’est pas appréciée par la puissance régionale voisine, l’Algérie.

Débats et guerre informationnelle suscités par l’intervention française au Sahel

Selon les informations officielles, les raisons de l’intervention seraient : la lutte antiterroriste afin de préserver l’Europe de ce fléau. La nécessité d’aider les états sahéliens alliés en faillite à recouvrer leur souveraineté et leur intégrité territoriale.

L’opération Serval a été saluée en France par la majorité présidentielle et les alliés de la France notamment les USA, l’Union africaine, l’UE. Le Premier ministre britannique David Cameron a déclaré le 12 janvier 2013 : « Je salue l’assistance militaire que la France a fournie au gouvernement malien, à sa demande, pour arrêter cette avancée ».

Les premiers débats soulevés en France par l’opposition concernent entre autres l’absence d’un vote au Parlement autorisant l’intervention. Des voix dissonantes se sont élevées en Russie : « Je comprends la situation actuelle au Mali, mais j’estime toutefois que toute opération en Afrique peut et doit se faire exclusivement sous l’égide de l’ONU et de l’Union africaine », a déclaré Mikhaïl Marguelov, cité par les agences russes. « Personne à part les Africains ne peut et ne doit résoudre les problèmes du continent », a-t-il ajouté.

Cependant, ces critiques ont vite été contenues par le Gouvernement Hollande qui a évoqué la demande d’aide officielle des autorités maliennes et une contrainte de temps liée à l’urgence de la situation. En plus, l’efficacité et la rapidité de l’opération n’ont laissé aucune place à l’escalade dans les polémiques sur ce sujet.

Toutefois, au fur et à mesure que dure Barkhane, une véritable guerre informationnelle par le contenu a lieu après les polémiques des débuts. Elle repose sur différents arguments issus des théories complotistes développées par certains activistes sur les réseaux sociaux. Notamment, que ce conflit serait une pure création des hommes politiques français ou un prétexte pour recoloniser le Sahel afin de piller ses ressources naturelles et empêcher les puissances émergentes ou rivales d’y accéder.

En novembre 2019, un accident d’hélicoptère ayant occasionné la perte de 13 soldats et officiers français a suscité une vive émotion nationale. La pression de l’opinion sur les pouvoirs politiques s’est fortement accrue contre la présence française au Sahel. Le 13 janvier 2020 à Pau, le président Macron s’est vu obligé de demander aux chefs d’État du G5 Sahel de confirmer leur engagement à accompagner l’intervention française au Sahel.

Sur cette rencontre de Pau, Marc-Antoine Pérouse de Montclos a déclaré en parlant de Macron et du Sahel :

« A Pau, il n’a pas non plus dit comment endiguer l’impopularité grandissante des troupes françaises dont la présence, qui s’éternise, alimente tout à la fois le ressentiment des milieux nationalistes et la légitimité de djihadistes désireux de se présenter en résistants contre une occupation étrangère ».

« Nous constatons ainsi que l’ennemi déroule sa stratégie et que Barkhane, quelles que soient les victoires tactiques qu’elle remporte, n’a pas pu arrêter la dégradation de la situation sécuritaire. En outre, l’armée malienne subit défaite sur défaite. Elle a perdu 150 hommes en deux mois. Les djihadistes ont récemment fait une démonstration de leurs capacités en prenant le poste de Indelimane, à proximité de la frontière avec le Niger et en tuant 40 soldats. Défendant un pays très fragile, aux institutions gangrénées par le népotisme et la corruption, nous sommes en train de perdre la guerre même si Barkhane gagne toutes les batailles ».

« L’armée française se trouve dans une impasse au Sahel », estime le chercheur Serge Michailof, dans son livre “Africanistan”, il a été l’un des premiers à faire un parallèle entre la situation au Sahel et en Afghanistan.

A ces sceptiques quant à l’efficacité de la présence militaire au Sahel, le général Lecointre répond : « Un soldat doit être capable de se satisfaire de ce que le pire est évité. Aujourd’hui, parce que notre action est constante, nous faisons en sorte que le pire soit évité ». Est-ce assez pour remplir le cœur de Sisyphe ? Soyons assurés en tout cas qu’il ne sera pas possible pour l’Europe de se retrancher derrière d’illusoires parapets. Le déclin de la civilisation occidentale accroîtra la nécessité de nouveaux engagements extérieurs, la force des armes ayant pour tâche de compenser la perte d’influence sur le cours des événements ». (France Inter, 27 novembre 2019)

Comprendre le flux de l’information au Sahel et le retournement de l’opinion

L’utilisation des smartphones est vulgarisée en Afrique avec 660 millions d’utilisateurs en 2020, grâce à l’amélioration de la connectivité, 75 % des foyers africains ont accès à Internet. En 2019, 38 % de la population africaine était connectée aux réseaux sociaux. Des études indiquent que lorsque les Africains se connectent sur Internet (principalement avec leurs téléphones mobiles), ils vont à plus de 90 % sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram, Snapchat, YouTube…). L’accès aux chaînes satellitaires mondiales est également une réalité en Afrique Subsaharienne.

De ce fait, les populations africaines se sont approprié les réseaux sociaux et ont accès en temps réel aux informations relayées par les médias du monde. Ces informations sont reprises dans les médias locaux, à travers les revues de presse dans les différentes langues africaines. C’est ainsi que les débats suscités par l’intervention française au Sahel sont suivis avec beaucoup d’attention en Afrique spécifiquement les informations relatives aux théories complotistes. Compte tenu de l’audience de ces informations auprès du public africain de nombreux jeunes (vidéomans), diplômés ou prêcheurs ont créé des chaînes YouTube ou Facebook qu’ils animent. Ils y interprètent et décryptent ces théories avec des panélistes soigneusement triés. Notamment, celles relatives à l’exploitation de l’or par les troupes françaises qui auraient été appréhendées par des douaniers maliens avec plusieurs cartons remplis de lingots d’or. Ainsi que des informations concernant le soutien logistique (mobylette, armes…) fourni par les forces Barkhane aux GA qu’ils sont censés combattre. Toutes ces allégations sont bien entendu documentées par des photos ou des images vidéo, et sont ensuite massivement relayées sans aucune considération déontologique préalable. Il s’en suit des réactions d’indignation de l’opinion publique. Bref, ces différents canaux médiatiques, en quête de sensationnel auprès du public, se nourrissent et s’inter-alimentent de cette manière.

Ainsi en fonction des talents d’orateurs, d’analystes et de capacité de conviction, ces vidéomans réussissent à se positionner comme influenceurs ou leaders d’opinion courtisés par les hommes politiques locaux ou pour servir les intérêts des lobbys locaux ou étrangers.

La juxtaposition de sujets politiques avec la religion crédibilise ces informations polémiques auprès des populations surtout quand elles sont reprises lors des prêches dans les lieux de cultes. Cela confère un pouvoir considérable aux leaders religieux moteurs des sociétés civiles africaines.

En plus de la guerre au Sahel, Internet fourni des opportunités de fédérer les opinions africaines par-delà les frontières sur des sujets polémiques tels que le franc CFA, les processus électoraux en Afrique ou autres préoccupations panafricanistes et contribue progressivement à la « débalkanisation » de l’Afrique.

Jeux d’influence des puissances étrangères sur l’opinion sahélienne ?

Le développement de l’Internet, des médias et des réseaux sociaux a entraîné une globalisation, une déterritorialisation et une instantanéité de l’information qui la rend difficilement contrôlable, censurable et lui confère une portée, une capacité de nuisance accrue et un impact immédiat.  Dans ce contexte, cette composante informationnelle est plus que jamais à prendre en compte dans les conflits modernes qu’ils soient militaires ou économiques.

L’existence d’une guerre informationnelle contre la présence de Barkhane a été démontrée plus haut ainsi que son impact probable sur une opinion sahélienne désemparée et exténuée par un conflit qui dure depuis 7 ans. Le 13 janvier 2020, le président Macron lors du sommet de Pau avec les chefs d’État du G5 Sahel a évoqué publiquement l’influence probable de puissances non européennes dans l’exacerbation de sentiment antifrançais au Sahel.

Ce qu’il faut garder à l’esprit est que la guerre informationnelle peut être sous-traitée pour des motivations matérielles, ou idéologiques et qu’elle confère l’avantage de l’anonymat, de l’imprévisibilité et la traçabilité vers l’attaquant peut être compliquée dans certains cas. Elle peut par conséquent être asymétrique au même titre que l’aspect militaire.

Stratégie de riposte française ?

La prise de conscience de la problématique de guerre informationnelle se met en place petit à petit en France : « Les Armées doivent apprivoiser le champ de bataille immatérielle », a déclaré Thierry Burkhard, chef d’état-major de l’armée de Terre, le 18 juin 2020 sur RFI. Il a également estimé en parlant des Armées qu’il fallait « continuer à investir de nouveaux champs comme le cyber, la déception, la résistance à la désinformation tout en assurant une meilleure prise en compte de l’influence » lors de son audition à l’Assemblée nationale.

En ce qui concerne la guerre au Sahel, les rumeurs étaient démenties au coup par coup par les autorités françaises. Ce fut le cas en 2016, au Niger où l’ambassade de France a démenti des informations circulant sur les réseaux sociaux sur une prétendue frappe de Barkhane contre les forces armées nigériennes à Diffa en ces termes : « Mensonge grossier et éhonté. La France est aux côtés du Niger et de ses partenaires du G5 Sahel dans la lutte contre le terrorisme ». En octobre 2019, AFP Factuel a publié un article intitulé « Non, ces photos ne montrent pas des militaires français pillant de l’or au Mali ». Cet article répond à une information Facebook sur un site camerounais « Urgent – La France au Mali pour l’or, pas pour la sécurité » selon AFP Factuel, les images montrées sur Internet n’ont pas été prises au Mali, mais en Centrafrique, en Irak et en France.

Le constat actuel est que les manifestations antifrançaises se sont calmées dans les pays du Sahel, mais les hostilités contre Barkhane persistent sur les réseaux sociaux, elles sont certes moins véhémentes qu’en 2019.

Est-ce le résultat d’une stratégie et d’actions de ripostes contre les fakes news et la désinformation sur l’opération Barkhane menées par les Armées ? Le ton avait été donné lors du sommet de Pau par le président Macron aux chefs d’Etat du G5 Sahel, les appelant à faire taire ceux qui véhiculent de fausses informations et un sentiment antifrançais sur les réseaux sociaux. Est-ce le fait de la pandémie du Covid-19 qui aurait déplacé les préoccupations des Sahéliens ? L’opération Barkhane est en cours. Il est tôt pour désigner le vainqueur de cet affrontement informationnel.

Références bibliographiques

  1. France 2, documentaire sur le Mali : Faut-il créer victoire ? 22/04/2013.
  2. Comprendre la Guerre au Sahel : Le Monde Afrique : Youtube .
  3. ARTE : Mali : Sahel, aux frontières du djihad : Youtube
  4. ARTE : La France doit-elle renforcer sa présence au Sahel : YouTube
  5. France 2 : Envoyé spécial -Otages d’État, 26/01/2017 : Youtube
  6. Pourquoi la France Intervient au Mali.
  7. Antoine d’Evry, « L’opération Serval à l’épreuve du doute : Vais succès et fausses leçons », Focus stratégiques n°59, IFRI, juillet 2015.
  8. Isabelle Lassere, Thierry Oberlé, Notre guerre secrète au Mali, Paris,  Fayard, 2013.
  9. Marc-Antoine Pérouse de Montclos, Une guerre perdue : la France au Sahel, Paris, Jean-Claude Lattès, 2020.
  10. Entretien 1 avec Michel Collon.
  11. Entretien 2 avec Michel Collon.
  12. G5 Sahel- Conférence de presse 13/01/2020 à l’issue du sommet de Pau : Youtube
  13. Jean-Sylvestre Mongrenier, « Les enjeux géopolitiques du Sahel et de la lutte contre le fanatisme : une vision d’ensemble », Institut Thomas More 13/01/2013.
  14. Pourquoi la guerre serait-elle plus complexe aujourd’hui qu’hier ? Cahiers de la pensée mili-Terre publiée le : 30/01/2020 Histoire & stratégie le 11 janvier 2013, lors d’un conseil de défense restreint, le président Hollande ordonne aux Armées d’intervenir au Mali, épicentre du conflit sahélien. Il fixe des objectifs militaires très clairs : « Stoppez l’ennemi, aidez le gouvernement malien à reconquérir le pays, détruisez les terroristes, cherchez les otages français et préservez-les bien sûr en cas d’opérations à proximité ». Cette première opération est un succès, car en quelques jours les trois villes du Nord-Mali, sous contrôle des groupes armés (GA), sont libérées.
  15. En février 2013, François Hollande est accueilli en libérateur par une foule en liesse ; des drapeaux tricolores flottent dans le Ciel malien, de Bamako à Tombouctou. 
  16. Cependant, à partir de 2017, des manifestations sont organisées dans certaines villes du Sahel contre la présence militaire française avec des slogans hostiles : « France dégage ».
  17. Que s’est-il donc passé pour favoriser un tel retournement de situation ? y’a-t-il eu un jeu d’influence ou de manipulation de l’opinion publique sahélienne ? La France a-t-elle réussi depuis lors à reprendre la main sur la guerre de l’opinion ?