La crise transatlantique vue de Moscou

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par Jacques Sapir

Le fossé qui se creuse actuellement entre les États-Unis et les pays européens de l’OTAN[i] est-il susceptible de changer le point de vue des autorités russes sur les « relations transatlantiques » ?

Depuis la dissolution du pacte de Varsovie au début des années 1990, la crainte permanente de la Russie a été l’extension vers l’Est de l’OTAN, en dépit des assurances données à M. Gorbatchev[ii]. Cette crainte a été amplifiée, au début des années 2000, par ce que les dirigeants russes ont appelé la « politique aventuriste » des États-Unis sous les deux mandats de G.W. Bush. Après avoir un temps espéré qu’une autonomie stratégique pourrait apparaître à Berlin et à Paris, notamment au moment de l’invasion de l’Irak, elle a été confrontée à l’alignement progressif de ces derniers sur les positions les plus extrêmes des États-Unis dès le début des années 2010[iii]. Le risque de voir un pays comme l’Ukraine se transformer, de facto ou de jure, en base de l’OTAN a été perçu comme un des signes de l’agressivité de l’OTAN face à la Russie. Ceci a imposé à des dirigeants russes, plutôt bien disposés face aux États-Unis au début des années 2000, de nécessaires évolutions.

Dans le même temps, la question des négociation nucléaires, naturellement avec les États-Unis, mais impliquant aussi des pays de l’OTAN, que ces derniers possèdent ou ne possèdent pas leurs armes nucléaires en propre, n’a jamais disparu de l’ordre du jour des dirigeants russes. L’émergence d’armes rendant indistincte la frontière entre la guerre « classique » et la guerre « nucléaire » a rendu la situation plus complexe. De ce point de vue, la désintégration progressive du cadre d’accords hérité de la fin de la Guerre Froide, a aussi été perçue avec inquiétude par les dirigeants russes.

La crise actuelle de la relation transatlantique, dominée par les initiatives tant commerciales que diplomatiques du président D. Trump, peut apporter à la fois un espoir et une crainte pour la Russie.

De l’élargissement de l’OTAN à la deuxième élection de Donald Trump

La relation transatlantique a été vue depuis Moscou dans le cadre de l’extension progressive de l’OTAN. Dès 2007, dans la conférence sur la sécurité en Europe, Vladimir Poutine avait qualifié les projets d’extension de l’OTAN de « sérieuse provocation »[iv]. Lors de son discours à la conférence de Munich le 10 février 2007, le Président russe établi une liste parfaitement claire des griefs de la Russie envers les États-Unis et leurs alliés occidentaux. Le sommet de l’OTAN du 4 avril 2008 à Bucarest, et la déclaration indiquant qu’à terme la Géorgie[v] et l’Ukraine étaient appelées à devenir des membres de l’OTAN n’a pu – en dépit de la timide opposition de la France – que confirmer les dirigeants russes dans leurs inquiétudes.

Les relations entre la Russie et l’OTAN, déjà dégradées depuis le conflit sur l’Ossétie du Sud de 2008, seront interrompues à partir des événements d’Ukraine en 2014. Dès lors, la relation transatlantique est vue par les dirigeants russes essentiellement comme une menace et non plus comme une possible opportunité. Cela va avec un jugement de plus en plus négatif sur la politique américaine. La fin de non-recevoir adressée par le gouvernement américain au mémorandum russe de décembre 2021 qui demandait l’arrêt de toute nouvelle adhésion convainc les dirigeants russes d’une volonté agressive de l’OTAN[vi] et précipite la constitution d’un « front » russo-chinois[vii]. Le début de l’intervention russe en Ukraine en février 2022 induit la demande de la Finlande et de la Suède d’intégrer l’OTAN, intégration qui devient officielle le 4 avril 2023 pour la Finlande[viii] et le 7 mars 2024 pour la Suède[ix].

Or, depuis la nouvelle élection de D. Trump en novembre 2024, et surtout ses prises de position que la question des droits de douanes avec l’Union européenne, mais aussi sa volonté de changer la donne au sein de l’OTAN, et de conduire les membres européens de cette organisation à dépenser bien plus, les relations transatlantiques connaissent un renouveau important des tensions. Mais, celles-ci témoignant-elles de véritables divergences ou, au contraire, ne sont-elles que le témoignage du mécontentement passager des dirigeants européens devant les méthodes de D. Trump ? C’est une question qui au centre des préoccupations russes, en combinaison avec un possible réchauffement de leur relation avec les États-Unis.

En février 2025, alors que Trump venait juste de prendre ses fonctions, la position de la Russie pouvait se résumer en une forme de répétition de qui était survenu en 1962 après la crise des missiles de Cuba, autrement dit une désescalade limitée dans les tensions avec les États-Unis, et la recherche d’un « modus vivendi »[x]. Pour autant, les premières déclarations de Trump depuis son accession au pouvoir n’étaient pas sans susciter des interrogations et des espoirs en Russie, après la profonde dégradation des relations sous J. Biden. La volonté de Trump de refaire des États-Unis une très grande puissance pouvait, certes, être compris comme une menace potentielle pour un pays qui, comme la Russie, n’aspire plus à jouer une toute première place dans les affaires du Monde, mais qui s’affirme comme une puissance régionale. Mais, cette volonté implique un conflit latent avec la Chine, conflit dont la Russie espère tirer profit, tout comme la Chine a tiré profit de la confrontation au sujet de l’Ukraine. En bref, la volonté de Trump de refaire la grandeur des États-Unis ne semble pas inquiéter outre-mesure les dirigeants russes. Il semble d’ailleurs que ces derniers aient eu des doutes importants sur la capacité réelle de D. Trump d’arriver à ses fins.

De ce point de vue, les dirigeants russes font une distinction claire entre la politique de G.W. Bush au début des années 2000 et celle initiée par le deuxième mandat de D. Trump. En vingt ans, le Monde a largement changé et les rapports de force économiques, qui sont désormais au cœur des rapports force géopolitiques, ne favorisent plus les États-Unis[xi]. La revue russe Russia in Global Affairs a publié, sous la plume d’un économiste du Koweït, un article défavorable aux initiatives de Trump sur les droits de douanes[xii]. C’est, évidemment, une manière de prendre ses distances par rapport à l’offensive commerciale de D. Trump. De fait, si l’on excepte les déclarations diplomatiques officielles, les dirigeants russes sont restés assez silencieux sur les aspects les plus transgressifs de la politique de D. Trump, et en particulier vis-à-vis de ses alliés transatlantiques. Ils préfèrent laisser à des occidentaux le fait de prendre des positions plus tranchées[xiii]. Mais, il est clair qu’ils ont pris bonne note de leurs impacts sur les pays de l’UE et, globalement, ont noté la situation économique difficile de cette dernière[xiv]. Car, si des officiels russes se sont prononcés, parfois avec enthousiasme, sur la possibilité d’un développement des relations économiques entre la Russie et les États-Unis[xv], notamment dans le contexte du récent sommet d’Anchorage[xvi], les responsables russes savent bien, quant à eux, que ces relations n’ont jamais dépassé les 5% du commerce extérieur russe.

Les traités de désarmement

Au-delà des sentiments et émotions crées par la politique de D. Trump, une question reste importante reste posée, celle de traités de désarmement. De ce point de vue, la situation résultant de la fin du traité FNI/INF (Forces Nucléaires Intermédiaires/Intermediate Nuclear Forces) de décembre 1987 est importante aux yeux des russes[xvii]. Ils avaient, à l’époque de sa signature, salué ce traité comme un véritable traité de désarmement et non un traité de limitation des armements. Ce traité avait d’ailleurs impliqué pour l’URSS et la Russie la destruction de 1846 vecteurs contre 846 pour les États-Unis[xviii]. Le fait que ce traité ait été dénoncé en 2018 par les États-Unis, non sans débats en leur sein[xix], ostensiblement en réaction à des prétendues violations par la Russie, mais en réalité du fait de la crainte induite par de nouveaux missiles chinois, a créé une situation particulière[xx]. La Russie a, quant à elle, annoncée sa sortie du traité INF en 2019.

Elle est désormais libre de réintroduire dans son arsenal des armes nucléaires dites « de théâtre »[xxi] menaçant des cibles situées dans la profondeur du continent européen[xxii]. Or, cette question a toujours constitué une source de conflits entre les pays européens et les États-Unis, comme du temps de la fameuse querelle des « euromissiles ». Les dirigeant russes ne peuvent pas ne pas savoir que cette question est une nouvelle source de contentieux entre les États-Unis et les membres européens de l’OTAN. Même si, du fait de la guerre en Ukraine, cette question apparait pour l’instant relativement mineure, dans le cas possible d’un cesser le feu ou d’une paix survenant à la fin de 2025 ou dans la première moitié de 2026, cette question reviendrait rapidement au cœur de l’actualité.

On peut penser que, pour l’instant, les dirigeants russes se contentent d’observer la montée des désaccords entre dirigeants européens et américains, que ce soit au sujet du niveau de soutien à l’Ukraine ou en ce qui concerne le fonctionnement réel de l’OTAN. Mais, on ne doit pas exclure qu’ils lancent des initiatives militaires[xxiii], comme avec la décision de lancer la production du missile Oreshnik[xxiv] et son déploiement au Belarus prévu pour fin 2025, pour tenter d’exacerber les contradictions existantes et celles créées par la nouvelle politique de D. Trump[xxv].

La question des traités liant la Russie et les États-Unis, traités qui datent d’avant la dissolution de l’URSS, est une question spécifique qui échappe en partie à la question des relations transatlantiques. Mais, le cas du traité FNI/INF fait indiscutablement le lien entre cette question et celle du duopole nucléaire hérité de la Guerre Froide. De ce point de vue, il convient d’observer avec beaucoup d’attention comme les autorités russes vont se comporter dans l’espace « post-traité » car cela a un impact évident sur la manière dont ils réagissent à la crise actuelle de la relation transatlantique.

La relation transatlantique et la guerre en Ukraine

Le point central aujourd’hui reste la capacité potentielle de certains pays européens à faire dérailler une paix en Ukraine[xxvi] et à maintenir une menace même pour l’après-guerre. Pour eux, une partie des membres européens de l’OTAN sont un obstacle dans le processus de paix[xxvii]. Ils sont aussi un obstacle à la reprise de relations économiques normales, dans un contexte ou l’UE est incontestablement plus intéressante pour la Russie que les États-Unis. Dans le même temps, ils avaient reconnu le droit à l’Ukraine d’adhérer à l’Union européenne[xxviii].

En fait, après avoir pendant un temps (dans les années 2000) souligné le rôle positif joué par l’Union européenne quant aux relations internationales et au contrôle des armements, les auteurs russes soulignent désormais l’incompréhension de l’importance de ces questions par les institutions européennes[xxix] et les risques inhérents que cela ferait courir à la stabilité des relations internationales[xxx]. Très clairement, l’idée – d’ailleurs assez vague – d’un « partage de la dissuasion » par la France[xxxi] semble mettre les dirigeants russes mal à l’aise non pas tant en raison de la taille de l’arsenal nucléaire français que de l’incertitude quant à la chaîne de commandement qui en résulterait. Les dirigeants russes, à la suite des dirigeants soviétiques, s’étaient faits à l’idée de la « Force de Frappe » française, qui à modifier leur stratégie eu début des années 1970 et à considérer qu’une guerre nucléaire, jusque-là considérée comme « gagnable », devait être évitée. La question de la dissuasion nucléaire apparait désormais comme beaucoup plus complexe, non seulement en Europe mais aussi dans le monde, du fait de l’émergence d’un polycentrisme accéléré[xxxii]. De ce point de vue, il n’est sans doute pas un hasard si, dans la revue de l’IMEMO, on s’intéresse désormais à l’Espagne comme pays de l’UE et de l’OTAN adoptant une attitude beaucoup plus « raisonnable » que des pays comme la France, l’Allemagne ou le Royaume-Uni[xxxiii].

La « crise » des relations transatlantiques, était vue du temps de l’URSS mais aussi de la Russie – du moins jusqu’en 2014/15 – comme susceptible d’ouvrir des opportunités pour de meilleures relations sur le continent. Elle semble aujourd’hui perçue comme un facteur d’imprévisibilité et d’instabilité supplémentaire du fait de l’engagement « jusqu’au-boutiste » des pays européens.

La hausse importante des budgets militaires des pays européens de l’OTAN est aussi susceptible d’inquiéter les dirigeants de la Russie. Certes, la part du PIB consacrée à la défense en Russie atteindra en 2025 sans doute entre 6,0 et 6,5%. C’est un pourcentage important mais pas excessif quand on regarde l’évolution historiques des dépenses de défense aux États-Unis ou en France. Pourtant, si l’on rend en compte les grands pays industrialisés de l’UE-27 (Allemagne, France, Italie, Espagne, Pays-Bas) en partant du calcul de leurs PIB en base de PPA, il serait possible d’aboutir à un effort équivalent à celui de la Russie en accroissant de moitié notre effort, autrement dit en le portant à 3,0%. Toute tentative de viser un objectif supérieur, et l’on peut lire dans la presse des chiffres allant jusqu’à 5,5% du PIB, impliquerait que ce qui serait visé serait non pas la parité de l’effort, mais une situation d’avantage quantitatif (et peut-être qualitatif) notoire. Un tel objectif pourrait alors être compris comme agressif par les dirigeants russes, surtout s’il se combinait avec un « partage de la dissuasion » française, et engendrer en retour un effort supplémentaire de la part de la Russie, ce qui enclencherait une spirale ascendante de la course aux armements.

La crise actuelle de la relation transatlantique est donc paradoxalement vue depuis Moscou avec une certaine inquiétude et fait ressurgir de vieilles peurs datant des années 1930. Une communication non maîtrisée de certains dirigeants européens, baltes[xxxiv] et polonais en particulier mais pas que, aggrave les choses.

Notes


[i] Momtaz R., « Taking the Pulse : Is the Transatlantic Relationship at a Breaking Point ? » in Carnegie Endowment for International Peace, 20 fevrier 2025, https://carnegieendowment.org/europe/strategic-europe/2025/02/taking-the-pulse-is-the-transatlantic-relationship-at-a-breaking-point?lang=en

[ii] Sarotte, M.E., Not One Inch : America, Russia, and the Making of Post–Cold War Stalemate, New Haven, Yale University Press, 2021, 806 p

[iii] Kempf, O., L’OTAN au XXIe siècle, Artège Éditions, coll. « Questions à l’histoire », 2010, 564 p

[iv] Poutine, V.V., « Speech and the Following Discussion at the Munich Conference on Security Policy http://en.kremlin.ru/events/president/transcripts/24034 

[v] « L’entrée de l’Ukraine et de la Géorgie dans l’OTAN : un « casus belli » pour la Russie »  https://www.senat.fr/rap/r07-416/r07-41616.html

[vi] Wintour, P. « Russia’s belief in Nato ‘betrayal’ – and why it matters today », in The Guardian, 12 janvier 2022 https://www.theguardian.com/world/2022/jan/12/russias-belief-in-nato-betrayal-and-why-it-matters-today 

[vii] Vitkine B. et Lemaître F., « Au JO de Pékin, Vladimir Poutine et Xi Jinping affichent un front commun face aux Etats-Unis », in Le Monde, 4 février 2022 https://www.lemonde.fr/international/article/2022/02/05/au-jo-de-pekin-vladimir-poutine-et-xi-jinping-aff ichent-un-front-commun-face-aux-etats-unis_6112423_3210.html 

[viii]  https://www.lepoint.fr/monde/5-choses-a-savoir-sur-l-adhesion-de-la-finlande-a-l-otan-04-04-2023-2514771_24.php

[ix] « La Suède devient officiellement le 32e pays membre de l’OTAN », in Le Monde, 7 mars 2024 – https://www.lemonde.fr/international/article/2024/03/07/la-suede-devient-officiellement-le-32e-pays-membre-de-l-otan_6220708_3210.html

[x] Lukyanov, F.A., « Two-Actor Play » in Russia in Global Affairs, Vol. 23(n°2), 2025, pp. 5–8, https://eng.globalaffairs.ru/articles/two-actor-play-lukyanov

[xi] Sapir J., La Fin de l’Ordre Occidental ? Paris, Édition Perspectives Libres, novembre 2024.

[xii] Salamah M., « Are the American Tariffs a Catalyst for Change » in Russia in Global Affairs, 17 avril 2025, https://eng.globalaffairs.ru/articles/american-tariffs-salamah

[xiii] Ioffe, G., « What If Trump’s Russia Gambit Isn’t a Bluff? » in Russia in Global Affairs, Vol. 23(n°3), 2025, pp. 36–47, https://eng.globalaffairs.ru/articles/trumps-russia-gambit-ioffe

[xiv] Sapir J., “Экономический спад в странах Европы: глобальные причины и локальный контекст » in Экономические и социальные перемены: факты, тенденции, прогноз, Т  18, No 3, 2025, pp. 126-145.

[xv] Hansler J., « Top Russian negociator says US buineses welcome in Russia if sanctions were lifted », in CNN, 3 avril 2025, https://edition.cnn.com/2025/04/03/politics/kirill-dmitriev-russian-negotiator-sanctions-washington-meeting

[xvi] NYT, « Kirill Dmitriev on Trade and Arms Control » in New York Times, 14 août 2025, https://www.nytimes.com/2025/08/14/world/europe/trump-putin-talks-russia-trade-arms-control.html

[xvii] Golts, A., « Dogovor RSMD – istorichesky perelom », In: Perezhit’ kholodnuyu Voinu: Opyt Diplomaty, Moscou, AST, 2021.

[xviii] Grinevsky, O., Perelom. Ot Brezhneva k Gorbachjovu, Moscou: Olma-Press, 2004.

[xix] Voir, Senate Committee on Armed Services, 2018. Advance Policy Questions for Admiral Philip Davidson, USN Expected Nominee for Commander, U.S. Pacific Command. Senate Committee on Armed Services. 17 Avril. https://www.armed- services.senate.gov/imo/media/doc/Davidson_APQs_04-17- 18.pdf et O’Hanlon, M., « Exiting Reagan’s Historic INF Treaty Is a Bad Idea. Here’s How Trump Should Try to Fix It » in Brookings Institution, 25 Octobre 2018, https://www.brookings.edu/articles/exiting-reagans- historic-inf-treaty-is-a-bad-idea-heres-how-trump-should- try-to-fix-it

[xx] Chekov, A.D., « Five Years without the INF Treaty: Lessons and Prospects » in Russia in Global Affairs, Vol. 22(n°4), 2024,pp. 24– 47.

[xxi] Kommersant, “Tolko dve strany v mire svyazany dogovorom o RSMD, i odna narushaet yego” in Kommersant, 22 Octobre 2018 https://www.kommersant.ru/amp/3778456

[xxii] Kommersant, « Putin: RF budet svobodna ot moratoriya po RSMD, yesli SShA razmestyat rakety v FRG » in Kommersant, 28 Juillet 2024. https://www.kommersant.ru/doc/6862882

[xxiii] « Foreign Ministry Statement on the Russian Armed Forces’ Exercises Held to Practice for the Use of Non-Strategic Nuclear. Weapons » in Ministry of Foreign Affairs of the Russian Federation, 6 mai 2024, https://www.mid.ru/ru/foreign_policy/news/1948486/? lang=en

[xxiv] FRS, « Que savons-nous de l’Orechnik ? « Observatoire de la dissuasion, Fondation pour la Recherche Stratégique, 30 janvier 2025, https://www.frstrategie.org/programmes/observatoire-de-la-di ssuasion/que-savons-nous-orechnik-2025

[xxv] Vedomosti, « MID: RF mozhet razvernut’ sistemy v yadernom osnashhenii v otvet na rakety SShA v FRG » in Vedomosti, 18 Juillet 2024. https://www.vedomosti.ru/politics/news/2024/07/18/105078 1-mid-rf

[xxvi] Scheidler F., « Preventing Peace » in New Left Review, 3 avril 2025, n° 133/134, https://newleftreview.org/sidecar/posts/preventing-peace?pc=1668

[xxvii] Quénelle B., « Guerre en Ukraine : la Russie fait porter à l’Europe la responsabilité de tout échec des négociations de paix » in Le Monde, 19 août 2025, https://www.lemonde.fr/international/article/2025/08/19/guerre-en-ukraine-moscou-fait-porter-a-l-europe-la-responsabilite-de-tout-echec-des-negociations-de-paix_6631926_3210.html

[xxviii] Palacin H., « Guerre en Ukraine : la Russie reconnait le ‘Droit Souverain’ de l’Kiev à rejoindre l’Union européenne mais pas l’OTAN » in Toute l’Europe, 18 février 2025, https://www.touteleurope.eu/l-ue-dans-le-monde/guerre-en-ukraine-la-russie-reconnait-le-droit-souverain-de-kiev-a-rejoindre-l-union-europeenne-mais-pas-l-otan/

[xxix] EU Strategy against Proliferation of Weapons of Mass Destruction. https://www.europarl.europa.eu/meetdocs/2004_2009/documents/dv/eu_w md_strategy_/eu_wmd_strategy_en.pdf

[xxx] Arbatova N., « The European Union and Crisis of Arms Control », in World Eсonomy and International Relations, 2025, vol. 69, no. 6, pp. 38-47.

[xxxi] Schofield H., « France has a nuclear umbrella. Could its European allies fit under it? » in BBC News, 6 mars 2025.https://forum.nationstates.net/viewtopic.php? t=563774&f=20&view=unread

[xxxii] Arbatov A., « Nuclear deterrence and disarmament in a polycentric world », in Contemporary Europe, 2024, no. 5, pp. 5-20. http://www.sov-europe.ru/images/pdf/2024/5-2024/Arbatov-5-24.pdf

[xxxiii] Cherkasova E., « Spain: Formation of European Security Concept » in World Eсonomy and International Relations, 2025, vol. 69, no. 8, pp. 25-35.

[xxxiv] Comme Mme Kaja Kallas, « Le Premier-Ministre estonien propose de diviser la Russie en ‘petits pays’ » in Naapuriseuran Sanomat, https://naapuriseura.fi/fr/viron-paaministeri-ehdottaa-venajan-hajottamista-pieniksi-valtioiksi/

 

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