La guerre économique, une « cause sans peuple » ?

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Depuis quarante ans, une réflexion a été amorcée en France sur la question de la guerre économique. Avant 1990, il n’existait que de très rares écrits sur les problématiques de la guerre économique. En 1934, le journaliste Anton ZISCHKA mettait en garde les milieux économiques français sur l’attitude offensive de l’économie japonaise[1]. A l’époque, il fut un des premiers à illustrer la formule qui m’est chère sur « l’accroissement de puissance par l’économie ».

Durant toute l’histoire de la IVe puis de la Ve République, cette notion « d’accroissement de puissance par l’économie« , qui est au cœur de tous les processus contemporains de guerre économique, n’a pas effleuré l’esprit de la classe dirigeante de notre pays. A l’exception du fondateur de la Ve République.

Entre 1958 et 1965, le général de Gaulle tenta de restreindre la dépendance économique de la France à l’égard des Etats-Unis. Mais il ne fut pas soutenu par le peuple français. Il mena ce combat très difficile pratiquement comme un homme seul face à des grands patrons[2] qui n’y croyaient pas et qui s’opposèrent à lui sur des enjeux d’avenir comme la construction d’un appareil industriel compétitif dans l’informatique.

Il a fallu attendre les deux mandats présidentiels de Donald Trump pour illustrer de manière très concrète la réalité de la guerre économique. Mais force est de constater que les ouvrages publiés en France ces dernières années sur la guerre économique ont une résonance encore très limitée. Aussi bien dans le monde de l’entreprise que dans la haute administratIon. Mais le plus grave est peut-être la quasi indifférence de l’opinion publique à l’égard de la guerre économique. Cette dernière affecte pourtant la vie quotidienne d’une partie non négligeable de la population. Comment expliquer un tel paradoxe ?

Si le monde politique porte une responsabilité majeure dans l’incapacité à définir une ligne de conduite crédible en matière de guerre économique, le « peuple français » porte aussi sa part de responsabilité en fuyant le débat.

L’interview ci-dessous revient sur ce paradoxe. Il est encore temps de réagir.

 

Notes


[1] Anton Zishka, Le Japon dans le Monde, Paris, Payot, 1934.

[2] Ambroise Roux, dont l’influence se mesurait par sa capacité de financer de nombreux élus du monde politique.

 

 

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